En résumé Wegovy et Mounjaro sont deux médicaments injectables utilisés dans la prise en charge de l'obésité. M...
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En matière de surpoids et obésité à Paris comme partout en France, l'été 2026 a marqué un tournant : deux arrêtés du 10 juin 2026, publiés au Journal officiel le 12 juin, ont inscrit Wegovy et Mounjaro sur la liste des médicaments remboursables dans le contrôle du poids, à compter du 15 juin 2026.
Commercialisés depuis l'automne 2024 sans aucune prise en charge, ces traitements injectables hebdomadaires sont désormais remboursés à 65 % par l'Assurance Maladie, la part restante pouvant être couverte par la complémentaire santé selon le contrat. Toute prescription n'ouvre cependant pas droit au remboursement.
Le Dr Stéphane Servajean, chirurgien viscéral et digestif spécialisé en chirurgie de l'obésité à Paris 17e, fait le point sur ces critères cumulatifs, qui s'inscrivent dans un parcours de soins encadré.
Le premier critère concerne l'indice de masse corporelle (IMC), obtenu en divisant le poids (en kilos) par la taille au carré (en mètres).
Le remboursement est réservé aux adultes de 18 ans et plus présentant :
L'IMC initial correspond à celui mesuré au moment où le traitement est débuté. À noter : l'autorisation de mise sur le marché permet de prescrire ces médicaments dès un IMC de 30 kg/m² (ou 27 kg/m² avec comorbidité), mais ces situations ne sont pas remboursées.
En cas de surpoids ou d'obésité modérée, le coût du traitement reste donc à la charge du patient.
Wegovy et Mounjaro sont des traitements de seconde intention. Pour être remboursés, ils doivent faire suite à une prise en charge nutritionnelle bien conduite d'au moins six mois, associant conseils alimentaires, activité physique adaptée et accompagnement comportemental.
L'échec est défini de façon objective : une perte de poids inférieure à 5 % du poids initial au terme de ces six mois.
Concrètement, une personne pesant 120 kg qui n'a pas perdu au moins 6 kg après six mois de suivi structuré peut répondre à ce critère. Il est donc utile de conserver la trace de ce parcours (comptes rendus de consultation, suivi diététique, évolution du poids).
Une fois prescrit, le médicament reste toujours associé à un régime hypocalorique et à une augmentation de l'activité physique : il complète l'hygiène de vie, sans la remplacer. L'Assurance Maladie rappelle enfin que ces molécules ne doivent jamais être utilisées à des fins esthétiques.
Le remboursement dépend aussi du médecin qui rédige la première ordonnance. Cette prescription initiale est réservée aux professionnels impliqués dans la prise en charge spécialisée de l'obésité (niveaux de recours 2 et 3) :
Lors de cette première prescription, le médecin remplit un justificatif d'accompagnement à la prescription via le téléservice amelipro. Ce document, remis au patient avec l'ordonnance, doit être présenté en pharmacie à chaque délivrance : sans lui, aucun remboursement n'est possible.
Les renouvellements peuvent ensuite être assurés par le médecin traitant.
Les seuils retenus pour le remboursement rejoignent ceux de la chirurgie de l'obésité. Selon les recommandations de la HAS actualisées en 2024, une chirurgie bariatrique peut être envisagée à partir d'un IMC de 40 kg/m², ou de 35 kg/m² avec au moins une comorbidité susceptible de s'améliorer après l'intervention.
La liste de comorbidités des arrêtés reprend d'ailleurs largement celle de la HAS.
Dans les deux cas, il s'agit d'un traitement de deuxième intention : la chirurgie est proposée après l'échec d'une prise en charge médicale, nutritionnelle et psychologique bien conduite pendant 6 à 12 mois, sur décision pluridisciplinaire.
Seule nuance : la HAS retient pour la chirurgie l'IMC maximal atteint et documenté. Une même personne peut donc être éligible aux deux options.
Le choix entre traitement médicamenteux, sleeve gastrectomie ou bypass gastrique dépend du profil de chacun, et la prise en charge de la chirurgie bariatrique obéit elle aussi à des conditions précises.
En conclusion
Le remboursement de Wegovy et Mounjaro repose sur des conditions cumulatives : être adulte, présenter un IMC ≥ 40 kg/m² ou ≥ 35 kg/m² avec comorbidité, justifier d'un échec de six mois de prise en charge nutritionnelle et obtenir une première prescription d'un médecin habilité, accompagnée de son justificatif.
Ces critères, proches de ceux de la chirurgie bariatrique, invitent à examiner l'ensemble des options thérapeutiques.
À Paris, le Dr Stéphane Servajean reçoit en consultation les patients souhaitant faire le point sur leur parcours.
Sources
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