Incontinence anale après chirurgie : prévention et traitement

Chirurgie générale et digestive

|

Publié le 27 octobre 26

Incontinence anale après chirurgie prévention traitement | Dr Stéphane Servajean | Paris
En résumé L'incontinence anale après une opération de l'anus est le plus souvent transitoire et liée à la cicatrisation. Son risque varie selon le geste : moins de 1 % pour les selles après sphinctérotomie, 10 à 20 % (surtout aux gaz) après fistulotomie selon la SNFCP. La prévention repose sur le repérage des facteurs de risque et les techniques d'épargne sphinctérienne. Le traitement associe régulation du transit, rééducation par biofeedback, puis sphinctérorraphie ou neuromodulation sacrée si nécessaire. Le Dr Stéphane Servajean, chirurgien viscéral et digestif à Paris 17e, intègre cette évaluation à sa prise en charge, conformément aux recommandations de la SNFCP et de la SNFGE.
Sommaire : Qu'est-ce que l'incontinence anale après une chirurgie ?
Qu'est-ce que l'incontinence anale après une chirurgie ?
Quelles opérations exposent à un risque de troubles de la continence ?
Comment prévenir l'incontinence anale avant et pendant l'intervention ?
Quels sont les premiers traitements en cas de fuites après l'opération ?
Quelles solutions lorsque l'incontinence persiste ?

Qu'est-ce que l'incontinence anale après une chirurgie ?

En consultation de chirurgie générale et digestive à Paris, la question de la continence revient souvent avant une opération proctologique. L'incontinence anale se définit comme l'impossibilité de retarder volontairement l'évacuation des gaz et/ou des selles. On parle d'incontinence fécale lorsqu'il s'agit de selles.
Selon la Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE), le diagnostic suppose des symptômes présents depuis au moins trois mois. Ce trouble concernerait environ 5 % des adultes en France, et davantage les femmes.

Après une intervention sur l'anus, il faut donc distinguer les troubles passagers des semaines de cicatrisation, liés aux plaies et aux laxatifs, d'une incontinence durable.
Au cabinet du Dr Stéphane Servajean, chirurgien viscéral et digestif dans le 17e arrondissement de Paris, ce point est abordé lors de la consultation préopératoire, car la continence dépend à la fois des sphincters, de la sensibilité du canal anal et du bon fonctionnement du rectum.

Quelles opérations exposent à un risque de troubles de la continence ?

Le risque varie fortement d'une intervention de chirurgie proctologique à l'autre.

Pour la fissure anale chronique, la Société nationale française de colo-proctologie (SNFCP) indique que la sphinctérotomie latérale interne guérit plus de 90 % des patients et que l'incontinence aux selles est rare (moins de 1 %), souvent liée à des troubles déjà présents avant l'opération.

La fistulotomie, traitement de référence des abcès et fistules de la région anale, impose de sectionner une partie du sphincter : elle guérit la suppuration dans environ 95 % des cas, mais peut entraîner une incontinence, le plus souvent aux gaz ou sous forme de suintements, estimée entre 10 et 20 % selon les études, et inférieure à 10 % pour une fistule simple et superficielle.

Enfin, en cas de pathologie hémorroïdaire opérée, les troubles sont généralement transitoires. Lorsqu'ils persistent, ils s'expliquent notamment par l'ablation des coussinets hémorroïdaires, qui assurent environ 10 % du tonus de repos de l'anus.

Comment prévenir l'incontinence anale avant et pendant l'intervention ?

La prévention commence avant le bloc opératoire, par un interrogatoire précis sur la continence et un examen du tonus des sphincters.

Les recommandations françaises identifient plusieurs facteurs de risque :

  • un accouchement difficile (forceps, déchirure périnéale) ;
  • une diarrhée chronique ou une maladie de Crohn ;
  • des antécédents de chirurgie anale ;
  • une fistule complexe, haute ou située à l'avant chez la femme.

Lorsque ces facteurs sont présents, le chirurgien adapte sa stratégie. Pour une fistule à risque, la section du sphincter peut être réalisée en plusieurs temps, grâce à un fil (séton) laissé en place entre deux opérations.
Des techniques dites d'épargne sphinctérienne (colle biologique, lambeau d'avancement, laser, radiofréquence) peuvent également être discutées : elles préservent mieux le muscle, au prix d'un risque de récidive plus élevé.

Ce compromis entre guérison et préservation de la continence fait partie de l'information due au patient avant toute décision.

Quels sont les premiers traitements en cas de fuites après l'opération ?

Dans les semaines qui suivent l'intervention, de petites fuites ou une difficulté à distinguer les gaz des selles ne doivent pas inquiéter outre mesure, mais elles doivent être signalées lors du suivi postopératoire.

La première étape consiste à régulariser le transit, une selle bien moulée étant plus facile à retenir qu'une selle liquide. La SNFGE recommande une alimentation riche en fibres (céréales, légumes verts, fruits), de ne pas différer le besoin d'aller à la selle et de pratiquer une activité physique. Des médicaments régulateurs du transit peuvent être prescrits.
Si les troubles persistent, la rééducation anorectale, réalisée par un kinésithérapeute ou une sage-femme formés, est proposée.

Le biofeedback, qui permet au patient de visualiser sur un écran la contraction de ses sphincters, améliore les symptômes dans 60 à 80 % des cas, en général au terme de 10 à 20 séances.

Quelles solutions lorsque l'incontinence persiste ?

Ces situations restent peu fréquentes parmi les complications après une opération proctologique.

En cas d'échec des premiers traitements, un bilan spécialisé permet d'en comprendre le mécanisme : la manométrie anorectale mesure la force des sphincters et la sensibilité du rectum, l'échographie endo-anale recherche une rupture du muscle.
Si le sphincter externe est rompu, une réparation chirurgicale par suture (sphinctérorraphie) peut être envisagée. Selon la SNFGE, environ un patient sur deux reste continent cinq ans après.

Lorsque le muscle est intact mais mal commandé par les nerfs, la neuromodulation des racines sacrées stimule ces derniers grâce à une électrode reliée à un petit boîtier implanté sous la peau.
Précédée d'une phase de test de deux à trois semaines, elle permet à 50 à 60 % des patients de retrouver une continence satisfaisante. Les irrigations transanales constituent une autre option. La colostomie n'est envisagée qu'en dernier recours.

En conclusion

L'incontinence anale après une chirurgie proctologique est un risque réel mais limité, variable selon l'intervention et souvent transitoire. Sa prévention repose sur l'évaluation des facteurs de risque avant l'opération et sur le choix d'une technique adaptée à chaque patient.
En cas de troubles persistants, régularisation du transit, rééducation par biofeedback puis traitements spécialisés offrent des solutions graduées.

Au cabinet du Dr Stéphane Servajean à Paris 17e, cette question est abordée dès la consultation.

Sources

FAQ
L'incontinence anale après une opération des hémorroïdes est-elle définitive ?
Le plus souvent, non. Selon la SNFCP, les troubles de la continence observés après une hémorroïdectomie sont très souvent transitoires, liés aux plaies et à la prise de laxatifs, et s'améliorent après la cicatrisation. Lorsqu'ils persistent, une rééducation et un bilan spécialisé peuvent être proposés.
Combien de temps durent les fuites après une chirurgie de l'anus ?
Les petites fuites ou suintements des premières semaines accompagnent généralement la phase de cicatrisation, qui dure quelques semaines selon le geste réalisé. Des troubles qui persistent au-delà de trois mois correspondent à la définition d'une incontinence anale et justifient une évaluation.
Quel est le risque d'incontinence après une sphinctérotomie pour fissure anale ?
D'après la SNFCP, le risque d'incontinence aux selles après sphinctérotomie latérale interne est inférieur à 1 %. Il concerne surtout des patients ayant déjà des troubles de la continence avant l'intervention, d'où l'importance de les signaler au chirurgien.
Peut-on opérer une fistule anale sans abîmer le sphincter ?
Des techniques d'épargne sphinctérienne existent : colle biologique, lambeau d'avancement, laser ou radiofréquence. Elles limitent le risque pour la continence, mais exposent à davantage de récidives que la fistulotomie. Le choix se fait au cas par cas, selon le trajet de la fistule et les facteurs de risque du patient.
Qu'est-ce que la neuromodulation sacrée ?
Il s'agit d'un traitement de l'incontinence anale sévère, proposé après échec des traitements médicaux et de la rééducation. Une électrode stimule un nerf situé près du sacrum, qui participe à la commande du rectum et du sphincter. Une phase de test de deux à trois semaines précède l'implantation définitive. Ce traitement est réversible.
Qui consulter en cas d'incontinence anale après une chirurgie ?
Le premier interlocuteur est le chirurgien qui a réalisé l'intervention, lors du suivi postopératoire. Selon la situation, il peut orienter vers un proctologue pour un bilan (manométrie anorectale, échographie endo-anale) et vers un kinésithérapeute ou une sage-femme formés à la rééducation anorectale.

Laisser un commentaire

Le champ n’est pas valide
Le champ n’est pas valide

Rechercher :

Prendre RDV en ligne