Qu’est ce que le système gastro-intestinal ?

Chirurgie bariatrique

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25 septembre 20

Système gastro-intestinal dr Servajean
Participant activement au phénomène de digestion, l’appareil gastro-intestinal peut constituer à la fois la cause et la solution à des problèmes d’obésité. Bien comprendre son fonctionnement aide à savoir pourquoi.

Qu'est-ce que le système gastro intestinal ?

L’appareil digestif humain regroupe l’ensemble des organes permettant l’ingestion des aliments, jusqu’à leur élimination dans les selles sous forme de déchets : cavité buccale, œsophage, estomac, intestin grêle (duodénum, jéjunum, iléon) et le gros intestin (caecum, côlon, et rectum). Ce tube digestif participe au processus de digestion, avec intervention d’organes sécréteurs annexes comme les glandes salivaires, le foie et sa vésicule biliaire, ou le pancréas. L’estomac joue principalement le rôle de réservoir régulateur, tandis que l’intestin grêle assure une grande partie du travail de digestion grâce à ses 6 mètres de long.

Comment fonctionne la digestion ?

Ingestion n’est pas assimilation

La digestion désigne l’ensemble des mécanismes permettant l’assimilation des aliments : une fois ingéré, le nutriment doit passer du tube digestif vers l’organisme, où il sera ensuite métabolisé. C’est l’assimilation. Ce processus de digestion détermine l’efficacité d’un nutriment, à travers sa biodisponibilité. Un nutriment mal assimilé finit dans les selles sous forme de déchets.

Une double digestion

La digestion regroupe en réalité deux grands mécanismes permettant aux aliments d’être correctement assimilés :
  • La digestion mécanique a pour but de broyer les aliments ; c’est essentiellement le rôle de la bouche (mastication) et de l’estomac (contractions). Ainsi se forme le chyme, fait d’aliments pré-digérés.
  • La digestion chimique fait intervenir différentes molécules comme les enzymes, ou l’acide chlorhydrique de l’estomac.

Une action combinée de différents organes

La digestion est un processus complexe, s’effectuant à différents niveaux. Ainsi, l’amidon doit être lysé pour être assimilé par l’organisme sous forme de sucres simples : c’est le rôle d’une enzyme appelée l’amylase. Mais l’organisme en produit en réalité deux : l’amylase salivaire agit dans la bouche, tandis que l’amylase pancréatique agit dans les intestins. deux organes différents participent au même processus de digestion. De la même façon, les protéines doivent aussi être fragmentées par des enzymes dites protéases : certaines comme la pepsine agissent dans l’estomac ; d’autres comme la trypsine pancréatique fonctionnent dans l’intestin.

Une flore symbiotique

La flore intestinale, notamment celle du gros intestin, participe activement au processus de digestion ou d’assimilation. Cette symbiose se fait soit en produisant des enzymes digestives, soit en synthétisant des nutriments ou vitamines, réabsorbés ensuite par la muqueuse intestinale. C’est pourquoi toute flore digestive déréglée aura aussi des répercussions digestives.

Importance de la digestion pour le corps

Manger n’est pas forcément se nourrir

Sans digestion ou assimilation, l’ensemble des nutriments ingérés finirait en déchets dans les selles. C’est la différence entre un aliment, ingéré, et un nutriment (contenu dans l’aliment) assimilé : la nutrition désigne ainsi la transformation et l’utilisation des aliments par l’organisme. C’est de cette manière que nous amenons à nos cellules tous les éléments structuraux ou métaboliques dont elles ont besoin pour vivre : énergie (glucides, lipides), protéines, vitamines, minéraux, oligo-éléments… Tout phénomène de malabsorption/maldigestion aura donc des répercussions directes et rapides sur l’organisme.

Digestion et appétit

Le lien avec l’appétit implique des mécanismes de régulation hormonaux et nerveux très complexes. Le sentiment de satiété va être lié notamment à deux facteurs importants :
  • Un facteur mécanique, le degré de remplissage stomacal
  • Un facteur hormonal, la ghréline : elle stimule l’appétit et son taux diminue notamment avec la réplétion gastrique.
Digestion et appétit sont donc en principe corrélés avec un processus de feed-back autorégulé : certaines pathologies, comme l’obésité, peuvent résulter d’un dérèglement de ces contrôles.

Les anomalies de la digestion, subies ou souhaitées

Les troubles digestifs

Il existe une grande quantité de troubles digestifs pouvant affecter tous les organes de la digestion, certains étant des troubles purement fonctionnels, Une partie de ces affections peut être liée à des troubles de la digestion enzymatique, ou des troubles du transit (diarrhée ou constipation). Des troubles de la digestion vont fréquemment aboutir à un excès de selles (déchets), à la production de gaz (ballonnements processus de fermentation), voire de la diarrhée. Ils peuvent avoir une origine strictement digestive, ou annexe (insuffisance pancréatique exocrine, dysfonctionnement de la vésicule biliaire…). Le diagnostic médical passe donc le plus souvent par des examens complémentaires. Une prise en charge globale permet alors d’objectiver ou pas des carences associées.

L’impact de la chirurgie bariatrique sur la digestion

Pour traiter l’obésité morbide, l’une des stratégies consiste à diminuer l’absorption de calories, pour obliger l’organisme à puiser dans ses réserves. C’est l’objectif de toute chirurgie bariatrique : diminuer le processus d’assimilation des matières grasses : Intervenir sur l’estomac de manière globale limite les risques de carence et de malabsorption. En revanche, la réduction de l’estomac joue à plein sur la réplétion gastrique, tout en diminuant la sécrétion de ghréline. Intervenir en court-circuitant l’intestin entraîne en revanche un vrai syndrome de malabsorption volontaire, d’où des troubles mécaniques et des risques de carences. D’un point de vue mécanique, il faut apprendre à manger lentement pour ne pas avoir un afflux trop rapide et brutal de nourriture à fort pouvoir osmotique dans l’intestin. Il y a risque sinon de malaise vagal, ou dumping syndrome : l’eau du secteur extravasculaire afflue dans la lumière intestinale par osmose, baissant brutalement la volémie et la tension artérielle. D’un point de vue nutritionnel, cela impose aussi un suivi précis, pour vérifier l’absence ou pas de carences. Mais un autre problème peut aussi se poser pour la prise de médicaments : comme un nutriment, ils nécessitent d’être biodisponibles pour être assimilés. La pharmacologie permet habituellement d’étudier les meilleures formes galéniques orales, pour une posologie adaptée. Mais cette posologie est calculée sur une assimilation optimale : elle sera donc diminuée chez le patient opéré par by-pass, avec donc un risque de sous-dosage thérapeutique. Il faudra donc probablement augmenter les doses un peu “à l’aveugle”. C’est pourquoi le choix d’une technique dépend à chaque fois des objectifs souhaités, en termes de co-morbidité et du degré d’IMC. Ce choix doit toujours intégrer les éventuels effets secondaires de toute chirurgie bariatrique.

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